
La famille
A l’accueil
A l’arrivée de l’enfant ou dans le premier mois de son accueil, un temps de rencontre avec ses parents est organisé pour remplir le Document Individuel de Prise En Charge (DIPEC). Cet entretien se déroule en présence de la directrice ou de la cheffe de service, de l’éducateur référent et de la présence partielle de l’enfant.
Cela a pour but de re-contextualiser les raisons du placement, de définir le qui fait quoi (participation financière, correspondance, école, santé…), et de fixer des objectifs à accompagner.
Ce temps d’échange doit être l’occasion de rassurer le parent sur sa place en tant que détenteur de l’autorité parentale dans un contexte de placement.
Une visite de la maisonnée peut être programmée si elle n’est pas contraire à l’intérêt de l’enfant. En effet, dans certaines situations, il est important de préserver la sécurisation du lieu d’accueil.
Les visites
Les visites présentées ci-dessous concernent les parents mais aussi la famille élargie.
> Les Visites en Présence d’un Tiers
En place depuis plusieurs années, ces visites étaient peu encadrées sur le plan juridique. Comblant ce vide, un décret du 15 novembre 2017 précise leurs modalités d’organisation ainsi que le statut et le rôle du tiers professionnel.
La visite s’effectue dans un lieu préalablement déterminé par la personne physique ou morale à qui l’enfant est confié. Le tiers est présent de manière permanente ou intermittente. Dans la mesure du possible, il s’agit du même tiers pour l’ensemble des visites, mais celles-ci peuvent, si nécessaire, être assurées en alternance avec un autre tiers. Le lieu, l’horaire et la fréquence des visites sont définis en prenant en compte l’âge, le rythme et les besoins de l’enfant, les disponibilités du ou des parents ainsi que les objectifs assignés à ces visites par le juge des enfants.
Lorsque le tiers est un professionnel, il doit disposer de connaissances et de compétences portant sur le développement et les besoins fondamentaux de l’enfant ainsi que sur la fonction parentale et les situations familiales. Il doit en outre connaître les conséquences des carences, négligences et maltraitances sur l’enfant.
A la maison d’enfants, ce sont les éducateurs référents de l’enfant, en priorité, qui assurent les différentes visites. De ce fait, ils ont une connaissance de la situation familiale mais surtout du quotidien de l’enfant.
Le tiers professionnel est tenu de transmettre une analyse de la visite à la personne morale à qui le mineur est confié (généralement l’Aide Sociale à l’Enfance) et au juge des enfants selon le rythme et les modalités fixées par la décision prise par ce dernier. Cette analyse doit mettre en lumière les effets des visites sur l’enfant mais aussi sur la qualité et l’évolution de la relation entre l’enfant et son ou ses parents. Elles doivent permettre d’évaluer l’impact du lien parent / enfant, sur le sentiment de sécurité psychique de l’enfant. Sur cette base, le service gardien peut, à tout moment, proposer au juge la poursuite, l’aménagement, l’évolution ou la suspension du droit de visite.
> Les visites médiatisées
Elles peuvent avoir plusieurs objectifs : la restauration du lien et/ou un travail de soutien à la parentalité. Mais, également, offrir un espace qui permet de mettre des mots sur certains évènements, incompréhensions… en présence d’un médiateur qui aura pour mission de permettre la circulation de la parole.
Dans certains services, ces visites médiatisées sont nommées « entretiens familiaux ».
Les visites médiatisées sont également utilisées pour maintenir des liens entre plusieurs enfants d’une même fratrie accueillis dans des lieux de placement différents.
> Les visites encadrées
Elles font souvent suite aux visites médiatisées ou Visites en Présence d’un Tiers lorsque la situation a évolué favorablement. La présence de l’intervenant est variable en fonction des besoins. Ainsi, l’intervenant pourra être présent au début et en fin de visite, ou au milieu (pour un temps de repas, par exemple), pour une sortie à l’extérieur… Tous les cas de figures sont possibles puisque l’intervention s’appuie sur les besoins spécifiques de chaque enfant ou parent, en concertation avec les parents.
Dans certaines situations, il existe une alternance de visites médiatisées et de visites encadrées, ce qui n’est pas contradictoire. En effet, la situation peut avoir évoluée de manière satisfaisante (ouverture vers des visites encadrées), mais il peut subsister des points ou difficultés qui ont besoin d’être travaillés dans le cadre de la médiatisation.
> Les visites libres
Les visites libres sont ordonnées par le juge des enfants qui autorise le ou les parents à venir chercher ou à recevoir leur enfant à leur domicile, sans regard extérieur. Des points seront faits avec le ou les parents dans la semaine suivant la visite pour entendre ce qui a pu être difficile ou valoriser ce qui a pu être réalisé.
> Les Droits de Visite et d’Hébergement
Les droits de visite et d’hébergement sont ordonnés par le juge des enfants qui autorise le ou les parents à accueillir le ou leurs enfants à leur domicile.
Les appels téléphoniques ou en visio
Les enfants et leurs parents peuvent bénéficier d’un appel ou un visio hebdomadaire si cela est opportun pour ces premiers.
Après l’accueil de l’enfant, un temps de répit pour chacun sera imposé afin de permettre à l’enfant de mieux s’installer sur la maisonnée, mais aussi permettre à l’équipe de mieux appréhender les différents enjeux de la situation. Le ou les parents de l’enfant pourront néanmoins appeler pour avoir des nouvelles de l’enfant, par l’intermédiaire de l’éducateur référent, de préférence.
Lorsque les droits de visites se déroulent en visites en présence d’un tiers, les appels sont, de fait, médiatisés aussi. Le parent ou les parents sont systématiquement prévenus par l’éducateur présent, que le haut-parleur est enclenché.
Ces appels téléphoniques ne sont pas des temps de travail avec le ou les parents. Il est important de différencier les moments pour mieux évaluer ce qui s’y passe.
Les points réguliers avec les parents
Rapidement après l’admission (dans les deux semaines suivant l’accueil) puis à une fréquence trimestrielle, les points réguliers avec les parents sont essentiels et ce quels que soit les droits de visites ordonnés par le juge pour enfants. Ces instances sont dissociées des temps de visites car elles représentent une réelle instance de travail entre les éducateurs référents de l’enfant, le/les parent(s,) l’enfant selon ses capacités, potentiellement le coordonnateur ASE, la psychologue de la maison d’enfants, un cadre (directrice, cheffe de service) si nécessaire.
Ces rencontres permettent de faire le point formellement, de se concentrer sur le quotidien (évoquer les éléments concrets concernant leur enfant) car il est important de rappeler que, dans la grande majorité des cas, ces parents sont détenteurs de l’autorité parentale.
Nommer et échanger sur les besoins de chacun permet d’enrichir la relation, d’instaurer et conforter la relation parent/enfant/éducateur référent (principe de co-éducation). Cela peut permettre aussi de favoriser l’implication et d’encourager le parent à trouver et prendre sa place dans le cadre du placement : le questionner, l’intégrer, lui rendre pleinement ce qui le concerne peut préserver du désinvestissement.
Ces échanges entre le/ les éducateurs référents et le ou les parents ont lieu sous plusieurs formes : rencontre, temps d’échange au téléphone, mail ou sms. Ils participent à la prévention d’un conflit de loyauté insoutenable pour l’enfant.
Ces rencontres permettent enfin de rendre compte à l’enfant du champ des possibles de ses parents : faire avec sans leurrer l’enfant.
Une très grande majorité des professionnels a pu être formée à l’évaluation des compétences parentales (formation ESSOPE). C’est entre autres, avec cette paire de lunettes, que l’accompagnement des parents se construit.
Le travail du référent avec les parents est essentiel pour accompagner au mieux l’enfant dans son parcours de vie :
- Communication régulière : Les référents éducatifs se mettent en lien de manière constante avec les parents pour les informer de l’évolution de leur enfant, des progrès réalisés et des éventuelles difficultés rencontrées. Cette communication permet de rassurer les parents et de les impliquer dans la vie de leur enfant.
- Soutien et accompagnement : Les référents apportent un soutien aux parents en les aidant à comprendre les besoins de leur enfant et en leur fournissant des conseils pour apaiser et assainir le lien. Il peut également les orienter vers des ressources ou des services adaptés à leurs besoins.
- Médiation : En cas de conflits ou de difficultés présentes entre les parents et l’enfant, les référents éducatifs jouent un rôle de médiateur pour faciliter le dialogue et trouver des réponses adaptées. Ils veillent à ce que les intérêts de l’enfant soient toujours prioritaires. Ils médiatisent, de préférence, les visites et rédigent des notes d’observations.
- Participation aux rendez-vous : Les référents éducatifs invitent les parents à participer aux rencontres avec les autres partenaires (santé, scolarité…) impliqués dans l’accompagnement de l’enfant. Cela permet de garantir une approche concertée et de prendre en compte les avis de chacun.
- Évaluation : Les référents éducatifs évaluent régulièrement la situation de l’enfant et de sa famille, en proposant des entretiens aux parents. Ils s’assurent que les objectifs fixés sont atteints et que l’enfant évolue dans un environnement favorable à son épanouissement. Ils rédigent les rapports transmis à l’ASE et au Juge des enfants.
Le référent ne travaille jamais seul. Il porte le travail éducatif mené en équipe et représente les valeurs de l’institution.
